Quand on découvre le fitness fonctionnel, on se heurte vite à un jargon technique : AMRAP, EMOM, For Time, Chipper. Ces sigles définissent la structure de l'effort sur un WOD. Les comprendre, c'est savoir comment doser son énergie et lire correctement une fiche d'épreuve le jour d'une compétition.
AMRAP : autant de tours que possible
AMRAP signifie As Many Rounds As Possible — autant de tours que possible. Le format est simple : un temps imparti, une série de mouvements à répéter en boucle. À la fin du chrono, on compte les tours et reps complétés.
C'est le format le plus joué en compétition. Il récompense la régularité plus que les explosions de vitesse. Partir trop fort sur un AMRAP de 15 minutes, c'est exploser au tour 3 et perdre tout son rythme.
Sur un AMRAP, le bon pacing se résume à une question : "Est-ce que je peux tenir ce rythme jusqu'à la fin ?"
Quand viser un AMRAP
- En entraînement pour travailler l'endurance musculaire
- En compétition pour départager des athlètes sur la durée
- Pour mesurer ses progrès sur un benchmark fixe (ex : Cindy, Mary)
EMOM : un mouvement chaque minute
EMOM signifie Every Minute On the Minute — chaque minute, à la minute. Au top du chrono, on lance la série de reps imposée. Le temps restant dans la minute, c'est du repos. À la minute suivante, on repart.
L'EMOM est un format de gestion de la récupération. Plus on est rapide, plus on récupère longtemps. Mais si on rate la fenêtre, on accumule du retard et le WOD devient ingérable.
C'est un excellent format pour travailler la technique sous fatigue contrôlée. On le retrouve souvent en qualifications en ligne ou en finale d'une compétition par équipes.
For Time : le plus vite possible
Sur un For Time, on a une liste de reps à réaliser, et on chronomètre. Le premier qui termine gagne. Souvent, un cap est fixé pour éviter que les athlètes les plus lents ne s'éternisent.
C'est le format historique du cross training. Les WOD célèbres comme Fran, Helen ou Murph sont des For Time. La logique est inverse de l'AMRAP : ici, le score baisse quand on s'améliore.
Trois pièges classiques :
- Partir trop vite — On termine la première série en force, mais on perd tout sur la deuxième
- Ne pas découper les blocs — 50 wall balls d'un coup, c'est l'échec. Mieux vaut 5 séries de 10 avec micro-pauses
- Oublier la transition — Le temps perdu à changer de matériel se paie cher sur un score serré
Chipper : une longue liste à enchaîner
Le Chipper est un format à la carte : une longue liste de mouvements, à exécuter dans l'ordre, une seule fois. Pas de tours, pas de répétition. On "chip" — on grignote — d'une station à la suivante.
L'épreuve est mentale autant que physique. On voit la liste défiler lentement. Le pacing devient une affaire de patience. Découper chaque bloc en mini-séries permet de garder un rythme constant sans s'épuiser sur une station.
Sur un Chipper, l'erreur n'est pas d'aller trop lentement. C'est de céder au piège de la précipitation sur la première moitié.
Lire une fiche WOD avant le départ
Le jour de l'épreuve, la fiche WOD précise quatre éléments : le format, le temps, les mouvements et les standards. Avant de se mettre en place, on prend deux minutes pour :
- Identifier le format — AMRAP, EMOM, For Time ou Chipper
- Calculer un rythme cible — combien de tours, combien de reps par minute
- Repérer les transitions — où poser sa barre, où placer son tapis
- Visualiser le premier tour — l'enchaînement des trois premiers mouvements doit être clair
Pour aller plus loin, on consulte le calendrier des compétitions et on s'inscrit sur un format adapté à son niveau. Un travail sérieux sur le pacing passe aussi par une planification d'entraînement et par la maîtrise des standards de mouvement propres à chaque WOD.



